Portugal, Fado

Carla Pires

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Sortie du nouvel album « Aqui » le 10 novembre 2016.

Depuis Iha do Meu Fado, son premier recueil paru en 2005, Carla Pires s’est fait un nom dans une tradition où l’on ne compte plus les grands prénoms. Avant même son disque qui lui a ouvert les scènes internationales, du Japon à la Suède en passant par la Turquie, elle s’était d’ailleurs fait connaître dans tout le Portugal pour avoir campé le rôle d’Amalia dans une comédie musicale à succès. Pas de doute, de ces illustres aînées qui ont balisé le chemin, la jeune femme a hérité de l’indicible mélancolie qui donne toute la puissance poétique du fado, des paroles et musiques dont on dit qu’elles sont « les larmes de Lisbonne ». Néanmoins, elle a tout autant su en rénover l’approche, sa touche résolument plus moderne, à travers des arrangements teintés de jazz où sa sensuelle voix d’alto se pose et impose sa vision, s’appuyant sur un sens aiguisé de la théâtralité. « Le fado, ce n’est pas que de la tristesse. J’ai choisi une autre image pour chanter d’autres âmes, d’autres couleurs. Et ce afin de renvoyer une image moins obscure. » Pas de doute celle qui préfère le rouge au noir sait bien que l’avenir de cette musique séculaire se joue sur un registre forcément plus ouvert, histoire de s’épargner les clichés d’usage. Quitte à emprunter des chemins décalés, comme lorsqu’elle reprend avec classe les drôles d’Argonautes du chantre brésilien Caetano Veloso. De toute façon, à quoi bon photocopier ad vitam les grandes divas ?!