Portugal, Swing fado

OqueStrada

Oquestrada-color

C’est une musique qui vient de loin, des banlieues de Lisbonne, des bals et des bars, des lieux canailles où la musique respire l’humeur du moment avant de s’inspirer des airs du passé. Loin des studios et des modes à la petite semaine, cette drôle de bande s’est construit une réputation sur la route, celle-là même que les cinq compagnons ont pris pour nom : Oquestrada, un néologisme qui résulte du croisement d’« orquestra » (orchestre) et « estrada » (route). Plus qu’une simple contraction, il faut y voir un horizon, une ambition. « Changer d’itinéraire, c’est ça qu’on préfère ! », clame la chanteuse Marta Miranda dans « Tourner en Rond », un drôle de rap rustique qui flirte avec la folk mélodique. Et dieu c’est que ça déménage, dans tous les sens ! Leur swing nomade voyage au long cours, un brin de mélancolie en bandoulière, un bon sens de l’humour décalé et des billets d’humeur acérés dans leurs valises. Ou plutôt des malles, qui exhalent des parfums du monde entier : le fununa cap-verdien, la semba congolaise, le tango argentin, le fado bien de chez eux, la musette bien de chez nous, le jazz ou le ska ont droit de citer, tout comme ils chantent tout autant en portugais, créole, espagnol, français et anglais ! Oquestrada est un foutu big bazar qui ressemble à rien de connu, à l’image des instruments qu’ils se sont bricolés (une contrebassine et une chaise à percussion), à l’instar du style qu’ils se sont fabriqué : le Tasca beat ! Plus qu’un son, la bande-son d’un pays en transition, un cabaret surréaliste où la saudade se conjugue au futur du suggestif. Entrez dans la danse.